Je suis nu comme Eve, comme un vers, et à pied. Je me balade quelques temps à poil, comme ça, avant de me couler dans un bain brûlant, avec une certaine hésitation au moment d’y plonger mon pénis. Je fais bien, parce que c’est pour le moins douloureux. Je ferme les yeux, allume une cigarette, et regarde la cendre tomber sur mon ventre qui dépasse de l’eau: la baignoire est trop petite et je me contorsionne un peu pour y rentrer totalement. L’eau mousse, les cendres se diluent, et j’hésite à me branler.

Doveman a une moitié de nom pourri, l’autre sonne comme une apostrophe de keubla dans les rues d’Harlem. C’est répréhensible, sauf que Doveman fait selon ses propres termes de l’insomnia pop, et que, s’il y a, beaucoup, beaucoup de Chris Garneau, dans tout ça, et surtout dans la voix, les orchestrations un peu moins lo-fi, qui lorgnent plus vers Belle & Sebastian que le toy piano et cette voix un peu brisée sont un régal. (Aujourd’hui, c’est session myspace. Vous savez, le site qui appartient à lui, qui, politiquement/businessement et physiquement parlant peut en remettre une couche à un mélange dont le résultat s’appelerait Da/pie.)

Blue Roses joue elle de la “melodramatic pop”. Elle joue en vrai un folk de chambre, parfois ça tient de Loney, Dear, d’autres de Bat For Lashes, on parle de Bjork, on dit Simon & Garfunkel, elle dit “Eric Satie, Claude Debussy, Grizzly Bear, Yann Tiersen, Igor Stravinsky, Radiohead, Interpol, Blonde Redhead”, entres autres. Tout ça fait très pop des grands espaces, mais le paradoxe est bien qu’on dirait que ça a été enregistré dans une chambre exigüe un jour de pluie. Y’a des lignes de fuites, de partout, la lumière par les pavillons, et des vallons, et du soleil dans la campagne anglaise chère à Miss Marple, et peut être quelques poneys qui courrent dans un pré. C’est très joli en somme. Et Mademoiselle tourne avec Wild Beasts. Et puis, personnellement, la petite anglaise, là, je courrais bien dans les champs de fleurs avec elle au mois de juin, et puis sous les giboulés au mois de mars, et puis je me cacherai sous le sapin de Noël avec elle sans aucun problème.

Certains sont obsédés par les écureuils, d’autres par les enfants, certains par les pingouins, peu importe, moi si on me demande, je répondrai les épluches-légumes, mais tout le monde s’en fout, et en attendant d’agrandir ma collection, c’est Richard qui m’obsède. Et il devrait faire de même avec toi. Des pops songs ouvragés mais brutes, un assemblage un peu disparates de percussions, de synthés bien électroniques, des guitares un peu légères, c’est très très bon, et Sydney a eu du mal à se remettre de leur apparition.

Je n’avais jamais entendu parler de ce type, mais apparemment je me fais une session australienne, et ce garçon mérite d’en faire partie. The Bedroom Philisopher est un gentil folkeux de Melbourne dont la voix part parfois un peu dans le décor, auteur du plutôt, apparemment, fameux I’m so postmodern, et d’autres titres schizophrènes, qui débutent comme un vieux folk et finissent comme du Art Brut, ou du Cat Power quand elle était grunge, en plus mélodieux, quand même. Jesus On Big Brother reste remarquable, rien que pour ce titre.

Enfin, évidemment, tous ces gens ne risquent pas de révolutionner la musique, ni populaire ni élitiste, mais honnêtement, vous n’en avez pas encore marre de Thom Yorke?

(Petite parenthèse: les actrices françaises qui chantent, en général, ça va saigner. Emmanuelle ne déroge pas à la règle.)

Ah oui, et le nouveau Vampire Weekend est out. A priori, j’ai rien à dire à part que pour une fois, téléchargement gratuit rime avec légalité. Et que, même si on risquerait pas 15 ans de prison pour ce titre, ça vaut largement le coup de se faire couper une main.

Vadim S.